La migration des oiseaux correspond à leur mouvement saisonnier entre leur aire de reproduction et leur aire d’hivernage. Ces migrations sont dirigées par des facteurs internes (cycle biologique de l’espèce) et externes (durée du jour, température) influençant le comportement des oiseaux. Ces derniers ont également des exigences particulières pour leur habitat et la modification du milieu joue sur le stationnement des espèces (défavorable en cas de destruction du milieu de prédilection ; favorable en cas d’aménagement de terrain ou de gestion du milieu appropriés).
Situé au carrefour de plusieurs couloirs migratoires formant la voie principale de migration Est-Paléarctique, l’embouchure de la Seine est reconnue comme un haut lieu de l’ornithologie depuis de nombreuses années. Il constitue un enjeu national et international pour de nombreuses espèces d’oiseaux en migration qui font étape (spatule blanche, barge à queue noire, phragmite des joncs, courlis, huîtrier-pie, tadorne, avocette,…). L’intérêt de cette zone repose sur sa situation géographique, à la transition entre la mer, le fleuve et la terre et sur la richesse et la diversité des milieux présents.
Les milieux d’accueil présents dans l’estuaire de la Seine (mares, roselières,…) nécessitent une gestion adaptée pour optimiser cette fonctionnalité environnementale. La durée d’immersion (pour les limicoles) et la hauteur d’eau et la surface inondée (pour les anatidés de surface) sont ainsi capitales : une immersion longue des prairies sub-halophiles en fin d’hiver et au printemps, associée à une baisse progressive par ré-essuyage naturel des terrains, favorisera la capacité d’accueil pour les limicoles et les anatidés, en migration et en nidification.
Les principales espèces paludicoles présentes dans l’estuaire de la Seine concernent les populations locales (gorge bleue, panure à moustaches, fauvette aquatique) et migratrices. La bonne santé de certaines espèces plutôt liées aux mégaphorbiaies (formations végétales formées de grandes herbacées, qui s’installent au-dessus des roselières) est le symbole d’une continentalisation du site. Par contre, des espèces typiques des roselières, telle la panure à moustaches ou encore la rousserolle effarvatte, sont en légère diminution. Ces évolutions montrent que les roselières sont en cours d’atterrissement et que sans une gestion adaptée elles disparaîtront peut-être au profit des mégaphorbiaies et des boisements.
| Mise à jour : 12/01/2012 | Imprimer... |
